Sonoriser une église : les micros, la sono et les réglages qui comptent

Une église se sonorise avec trois sources séparées : le célébrant en micro-cravate ou serre-tête, l'ambon en col de cygne, et la chorale en micros d'ambiance placés en hauteur, à un mètre devant elle. Chaque source a son propre niveau, réglé une fois pour toutes en répétition, jamais pendant la célébration.

La sonorisation est le sujet dont personne ne veut s'occuper dans une paroisse, et c'est pourtant celui qui décide si l'assemblée comprend les lectures et si la chorale s'entend chanter. Dans la plupart des églises que je connais, l'installation existe, elle est correcte, et elle est mal réglée : un célébrant inaudible dès qu'il tourne la tête, un psaume qui sature, une chorale dont on ne perçoit que les sopranes.

Cet article ne traite pas de l'acoustique du bâtiment, c'est-à-dire de la manière dont le son se propage dans la nef et de ce que cela fait à la justesse : ce sujet est traité à part dans l'article sur l'acoustique d'une église. Il traite de l'électronique : quels micros, où les placer, comment les régler, et qui s'en occupe.

Trois sources, jamais une seule

La première erreur est de vouloir tout capter avec un seul micro, en général celui de l'ambon, qu'on monte progressivement jusqu'à ce que le larsen siffle. Une messe a trois sources sonores distinctes, qui n'ont ni la même place, ni la même intensité, ni le même besoin d'amplification.

Le célébrant se déplace : il parle à l'autel, à l'ambon, au fond de la nef pendant l'aspersion. Il lui faut un micro qui le suive, donc un serre-tête ou une cravate sans fil. C'est l'investissement le plus rentable d'une paroisse, parce qu'il règle d'un coup le problème le plus fréquent.

L'ambon est un point fixe, et il porte la parole la plus importante de la célébration après celle du célébrant. Un col de cygne y suffit, orienté vers la bouche du lecteur et non vers le livre, à une vingtaine de centimètres. Réglez sa hauteur pour la personne la plus petite de l'équipe de lecteurs, et apprenez à tous à ne pas le déplacer.

La chorale, enfin, ne se sonorise pas comme une voix parlée. Elle demande un ou deux micros d'ambiance, suspendus ou sur pied haut, placés à environ un mètre devant le premier rang et au-dessus des têtes. Le but n'est pas de rendre la chorale plus forte que l'assemblée, mais de porter le son jusqu'au fond de l'église quand le chœur chante depuis une tribune ou un bas-côté.

Le placement, qui compte plus que le matériel

Un micro correct bien placé bat toujours un micro cher mal placé. Trois règles simples suffisent dans une église.

Un micro ne doit jamais se trouver devant une enceinte, c'est-à-dire dans l'axe où elle projette le son. C'est la cause unique du larsen, ce sifflement qui monte quand le son capté est réémis puis recapté. Si la chorale chante sous une colonne de diffusion, déplacez les micros, pas le volume.

Un micro doit être proche de sa source. Doubler la distance ne demande pas deux fois plus de gain mais quatre fois plus, et donc capte quatre fois plus de bruit de fond, de toux et de réverbération. Un micro d'ambiance à quatre mètres d'une chorale ne capte plus la chorale, il capte l'église.

Enfin, moins il y a de micros ouverts en même temps, plus le son est clair. Un micro ouvert qui ne sert pas ajoute du bruit et rapproche du larsen. C'est la raison pour laquelle on coupe le micro de l'ambon pendant le chant, et les micros de chorale pendant l'homélie.

Régler une fois, en répétition

Les réglages se font à vide, avant la célébration, et de préférence un jour de semaine où l'on peut faire du bruit sans déranger. Comptez une heure, une seule fois, et notez tout.

Commencez par tout mettre à zéro. Faites parler quelqu'un à l'ambon, à son volume naturel, et montez le gain de cette voie jusqu'à ce que la voix soit claire au dernier rang, puis redescendez d'un cran. Faites le tour de l'église pendant que la personne parle : c'est le seul moyen de savoir si vous réglez pour l'assemblée ou pour vous-même, debout à côté de la console.

Recommencez avec le micro du célébrant, puis avec la chorale en configuration réelle, en lui demandant de chanter une pièce entière plutôt que de compter jusqu'à dix. Une chorale qui chante vraiment produit des écarts de niveau qu'un test parlé ne révèle jamais.

Quand tout est réglé, prenez une photo de la console. C'est la sauvegarde la plus efficace qui soit : la semaine suivante, quelqu'un aura bougé un curseur, et vous saurez lequel.

Pendant la messe, on ne touche à rien

La règle qui change le plus la qualité sonore d'une paroisse tient en une phrase : les niveaux sont réglés avant, ils ne bougent pas pendant. Le seul geste autorisé en célébration est d'ouvrir et de couper des voies, selon ce qui est en train de sonner.

Cela suppose que quelqu'un s'en occupe, et que ce soit toujours la même personne ou la même petite équipe, formée en vingt minutes. Une console laissée en libre accès au fond de l'église finira réglée par cinq personnes différentes qui corrigeront chacune le réglage de la précédente. Si votre installation le permet, verrouillez les réglages et ne laissez accessible qu'un bouton de volume général.

Le cas particulier à anticiper est celui des célébrations où l'assemblée est deux fois plus nombreuse que d'habitude, à Noël ou à un mariage : les corps absorbent le son, la réverbération diminue, et le réglage habituel devient trop faible. Notez un second réglage pour ces jours-là plutôt que d'improviser au moment de l'entrée.

Ce qu'une sono ne répare pas

Une bonne installation rend audible ce qui est chanté ou dit correctement. Elle n'a jamais corrigé une chorale qui ne s'entend pas, un lecteur qui lit trop vite, ou une assemblée qui ne sait pas quand entrer. L'amplification ne fait que rendre plus grand ce qui existe déjà, défauts compris.

Si l'assemblée ne chante pas, le problème n'est presque jamais le volume : il est dans le choix des pièces et dans la manière de les lancer, ce dont traite l'article sur la façon d'animer une assemblée. Si la chorale et l'orgue ne sont pas ensemble, le retard vient de la distance et du temps de propagation, pas de la sono, et c'est un point à régler directement avec l'organiste, comme le détaille l'article sur la manière de travailler avec son organiste.

Un dernier mot sur la boucle magnétique. Beaucoup d'églises en sont équipées sans le savoir, et beaucoup de celles qui en ont une l'ont laissée débranchée. C'est le dispositif qui permet aux personnes appareillées d'entendre la célébration dans leur propre prothèse auditive. Vérifiez qu'elle fonctionne, signalez-la à l'entrée, et vous rendrez la messe audible à des paroissiens qui ne s'en plaignent jamais à voix haute.

Une question sur la vie d'une chorale, le répertoire ou le choix d'un chant ? Posez-la à l'assistant du site.
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