Chant de louange : choisir le bon, et savoir d'où vient le texte

Le chant de louange dit la joie et l'action de grâce. On le chante à l'ouverture d'un temps de prière, après la communion, lors d'une veillée ou d'un mariage. Encore faut-il qu'il soit vraiment portable par l'assemblée, et que l'on sache d'où viennent ses paroles.

« Il nous faudrait un chant de louange. » La demande revient souvent, en préparation de messe comme en veillée, et elle est plus floue qu'elle n'y paraît. Louange de quoi, à quel moment, chantée par qui ? Un chant de louange réussi n'est pas seulement un chant joyeux : c'est un chant qui dit quelque chose de Dieu, et que l'assemblée présente peut réellement porter.

Ce que fait un chant de louange

La louange a un objet précis : elle dit à Dieu ce qu'il est et ce qu'il a fait. Elle ne demande rien, elle ne se raconte pas. C'est ce qui la distingue de la supplication, qui demande, et du chant de méditation, qui intériorise. Un texte qui parle surtout de nous, de notre cheminement ou de nos sentiments, n'est pas un chant de louange, quelle que soit son énergie.

Cette clarté d'objet a une conséquence pratique : le chant de louange supporte mal l'ambiguïté du texte. Si l'assemblée ne sait pas à qui elle s'adresse, l'élan tombe. Les meilleurs chants de louange nomment, énumèrent, acclament. Ils empruntent volontiers la forme des psaumes : une succession de motifs de louange, tenue par un refrain.

Où le placer dans une célébration

Contrairement à ce qu'on croit, la louange n'est pas d'abord un chant d'entrée. Le chant d'entrée rassemble ; il a sa propre fonction, décrite dans entrée, communion, envoi. La louange, elle, trouve sa place à trois endroits.

  • Le Gloria, qui est la grande hymne de louange de la messe. Il appartient à l'ordinaire : on le chante, on ne le remplace pas. Il est omis pendant l'Avent et le Carême.
  • Après la communion, en action de grâce : l'assemblée, nourrie, peut passer du recueillement à la louange. C'est le moment le plus naturel pour un chant de louange développé.
  • À l'ouverture d'un temps de prière hors messe (veillée, adoration, rassemblement) : là, la louange ouvre et met en route.

Pour une messe d'action de grâce ou un jubilé, la louange devient le fil conducteur de toute la célébration, et le Te Deum en constitue le sommet.

Un répertoire d'assemblée

Quelques chants de louange sont solidement installés dans le répertoire francophone et se chantent presque partout. Les voici, avec ce qui les caractérise :

  • Que tes œuvres sont belles : louange par la création, texte ample, plutôt pour un chœur ou une assemblée aguerrie.
  • Béni sois-tu Seigneur : bénédiction énumérative, structure simple et très accessible.
  • Jubilez, criez de joie : refrain enlevé, efficace pour lancer un rassemblement.
  • Il est bon de louer le Seigneur : d'inspiration psalmique, tempo modéré, facile à tenir.
  • Que ma bouche chante ta louange : refrain mémorisable dès la première écoute, très répandu.
  • Criez de joie, Christ est ressuscité : louange pascale, à réserver au temps de Pâques.

Deux réflexes évitent la déception. D'abord, vérifier le registre : beaucoup de chants de louange culminent haut, et une assemblée du dimanche matin ne suit pas au-delà d'une certaine hauteur. C'est le problème de l'ambitus. Ensuite, résister à la tentation du renouvellement permanent : trois ou quatre chants de louange connus par cœur valent mieux qu'une rotation où l'assemblée ne s'installe jamais, comme pour l'ensemble d'un répertoire d'assemblée.

Des chants de louange à écouter

Parmi mes compositions, trois relèvent directement de la louange, et chacune a un usage distinct :

  • À toi louange éternelle, tiré du Te Deum, l'hymne d'action de grâce des grandes solennités. Sa place : Noël, Pâques, Pentecôte, une fête patronale, un jubilé, un Te Deum de fin d'année, une action de grâce après une ordination. Album Vivant (2021).
  • Servez le Seigneur, psaume de louange : entrer dans les portes du temple avec des cris de joie, servir le Seigneur dans l'allégresse. Convient comme chant d'entrée du dimanche, pour une action de grâce ou l'ouverture d'une fête patronale. Album Vivant (2021).
  • Chante Ô mon âme, psaume responsorial : la louange de l'âme au Dieu qui fait justice aux opprimés, redresse les accablés, soutient la veuve et l'orphelin. Album Ephata (2023).

Les textes : d'où ils viennent, et ce que vous pouvez imprimer

C'est la question qui vient juste après le choix du chant, et elle est souvent traitée trop vite.

Le fonds textuel de la louange chrétienne est ancien et identifiable. Les psaumes de louange en forment le cœur : les derniers psaumes du psautier, dont le psaume 148 et le psaume 150, sont des appels à louer répétés, et ils irriguent une grande partie du répertoire. S'y ajoutent deux textes majeurs de la liturgie : le Gloria, hymne de louange de la messe, et le Te Deum, hymne d'action de grâce des grandes occasions.

Pour les traductions liturgiques officielles en français, la référence est l'AELF : c'est là que se trouvent les textes des psaumes et de l'ordinaire tels qu'ils sont chantés en France. Le psaume responsorial mérite d'ailleurs une attention particulière, car il est Parole proclamée avant d'être chant.

En revanche, les paroles des chants du répertoire contemporain appartiennent à leurs auteurs et à leurs éditeurs. Les recopier sur une feuille de messe ou les projeter n'est pas libre : cela relève de la redevance SECLI souscrite par la paroisse. C'est simple à mettre en règle, mais il faut le savoir avant d'imprimer deux cents livrets.

Choisir, concrètement

Trois questions suffisent le plus souvent. Qui chante : une assemblée nombreuse et habituée, une assemblée d'invités comme lors d'un mariage, ou un petit groupe en veillée ? Quel moment : le Gloria, l'action de grâce après la communion, l'ouverture d'un temps de prière ? Quel temps liturgique : la louange pascale ne se chante pas en Carême, et le Gloria disparaît en Avent.

Répondez à ces trois questions, et le répertoire se réduit de lui-même à deux ou trois titres possibles. C'est le signe que le choix est juste : un chant de louange n'a pas à être surprenant, il a à être vrai et chantable.

Une question sur le répertoire ou le choix d'un chant ? Posez-la à l'assistant du site, ou parcourez le blog pour les autres moments de la messe.

Questions fréquentes

Quelle différence entre louange et adoration ?

La louange dit à Dieu ce qu'il est et ce qu'il fait : elle est tournée vers lui, souvent joyeuse et chantée par tous. L'adoration est un mouvement plus silencieux et contemplatif, qui se tient devant Dieu sans nécessairement parler. Dans la pratique, un temps de prière commence volontiers par la louange et débouche sur l'adoration : les chants d'adoration sont donc plus lents, plus dépouillés, souvent réduits à quelques mots répétés.

Quel chant de louange pour un mariage ?

Privilégiez un chant lumineux et universel, que les invités les moins habitués puissent reprendre à la première écoute : un refrain court, un registre médium, un texte qui ne suppose pas de connaissance liturgique. La louange trouve bien sa place après la communion ou à l'action de grâce, plutôt qu'à l'entrée où l'on attend un chant de rassemblement.

Où trouver les textes des chants de louange ?

Les textes viennent le plus souvent des psaumes de louange, du Gloria ou du Te Deum, dont les traductions liturgiques officielles sont publiées par l'AELF. Pour les chants du répertoire contemporain, les paroles appartiennent à leurs auteurs et éditeurs : leur reproduction sur une feuille de messe passe par la redevance SECLI de la paroisse.

Le Gloria est-il un chant de louange ?

Oui, c'est même la grande hymne de louange de la messe. Il appartient à l'ordinaire et n'est pas interchangeable avec un chant de louange libre : on ne remplace pas le Gloria par un autre chant, on le chante. Aux temps de l'Avent et du Carême, il est omis, ce qui change l'équilibre du programme.

← Retour au blog