C'est un événement rare : un voyage apostolique du pape en France. Léon XIV est attendu du 25 au 28 septembre 2026, et parmi les temps forts, une veillée avec les jeunes à Paris le vendredi soir. Pour la musique de ce rassemblement, c'est à Ecclesia Cantic qu'a été confiée une mission à la hauteur de l'occasion.
Un chœur de plus de 2000 voix
Le défi lancé par Ecclesia Cantic est simple à énoncer, vertigineux à réaliser : constituer un chœur géant de plus de 2000 chanteurs pour porter le chant de la veillée des jeunes, le vendredi 25 septembre au Stade de France. Le mouvement s'est fixé une cible de 2500 choristes. La direction musicale est confiée à Alexis Duffaure, maître de chapelle de la cathédrale de Bordeaux.
L'appel s'adressait aux jeunes de 18 à 35 ans, choristes aguerris comme chanteurs passionnés, de toute la France. Des répétitions sont prévues au cours du mois de septembre dans plusieurs villes, et un programme dédié aux chanteurs se prépare pour le samedi 26. Le principe est fidèle à l'esprit du mouvement : une exigence musicale réelle, mise au service d'un moment d'Église et d'une assemblée immense.
Ce qui se prépare musicalement
Ecclesia Cantic annonce pour la veillée une grande diversité de styles, allant de la louange la plus festive au chant grégorien, en passant par des pièces polyphoniques. C'est un choix courageux, et il en dit long sur l'ambition du projet : plutôt que de rabattre un rassemblement de stade sur le seul répertoire festif, on fait tenir ensemble ce que l'Église a de plus ancien et de plus actuel.
Ce grand écart est aussi le vrai problème technique de la soirée. Le grégorien et la polyphonie ne se conduisent pas comme un chant de louange : ils demandent une justesse d'attaque et une écoute mutuelle que 2000 voix rendent difficiles, dans un lieu dont l'acoustique n'a rien d'une nef. Les mêmes lois qu'ailleurs, mais à une échelle où le décalage entre ce qu'on entend et ce qu'on chante devient le premier ennemi.
D'où l'architecture des répétitions : des sessions réparties dans plusieurs villes au long de septembre, puis une répétition générale à Paris, le mardi 22 ou le jeudi 24 septembre à 20h selon la région d'origine des choristes. C'est la seule façon de faire : on ne monte pas un tel programme en une soirée, on arrive en le sachant déjà.
Aucun titre précis n'a été rendu public à ce jour. Ce qu'on sait, c'est la logique : un répertoire mémorisable pour que la foule reprenne, et des pièces plus écrites confiées au chœur. C'est exactement l'équilibre que je décris dans écrire pour une assemblée qui ne lit pas la musique, transposé à une échelle inédite.
Pourquoi ça me touche
Je suis attaché à Ecclesia Cantic, dont j'ai reçu une distinction en 2025 (j'en parle sur ma page biographie). Voir ce mouvement porter le chant d'un événement pareil me réjouit doublement : comme croyant, et comme compositeur qui passe son temps à défendre l'idée qu'une assemblée nombreuse peut chanter beau, à condition qu'on lui en donne les moyens. Un chœur de 2000 voix, ce n'est pas une performance : c'est une catéchèse en acte.
C'est aussi ce que je cherche, à mon échelle, avec le Chœur Cantiamo : des chants qui tiennent debout musicalement et que l'on peut reprendre ensemble. La différence d'échelle est énorme ; l'exigence est la même.
Comment participer, à trois semaines de la veillée
Les préinscriptions au grand chœur sont closes. Le nombre de candidatures a dépassé les places disponibles, et les choristes retenus sont désormais engagés dans les répétitions de septembre. Si vous vous êtes inscrit, l'information utile est votre convocation à la répétition générale, le 22 ou le 24 septembre selon votre région.
Pour assister à la veillée sans chanter dans le chœur, cela passe par la billetterie officielle de la visite apostolique, distincte de l'inscription au chœur. Et il reste la manière la plus simple d'y prendre part : chanter depuis l'assemblée. Dans un stade, ce sont les dizaines de milliers de voix du public qui font le volume, pas les 2000 du chœur.