Deux couleurs voisines
Toussaint
Une fête lumineuse : la foule des saints, les Béatitudes. Un répertoire joyeux et large.
Jour des défunts
Plus grave, mais habité d'espérance : on prie pour nos morts dans la lumière de Pâques.
Les moments
- Un chant d'entrée qui rassemble (communion des saints).
- Un psaume d'espérance pour le 2 novembre.
- Un chant marial ou un « In paradisum » pour conclure.
Évitez de confondre les deux jours : la nuance de ton fait toute la justesse.
Deux célébrations distinctes, pas une fête de deux jours
C'est la confusion la plus répandue, y compris chez les fidèles : beaucoup pensent que la Toussaint est la fête des morts. Elle ne l'est pas.
Le 1er novembre est une solennité joyeuse. On célèbre la foule immense des saints, connus et inconnus, et l'Évangile du jour est celui des Béatitudes. Le Gloria est chanté, l'orgue déployé, les ornements blancs. C'est une fête de la lumière et de l'espérance accomplie.
Le 2 novembre, commémoration de tous les fidèles défunts, est d'un autre registre : on prie pour nos morts. Plus grave, mais dans la lumière de Pâques, jamais désespéré.
Traiter le 1er novembre comme un jour de deuil est donc un contresens, et il s'entend immédiatement : une assemblée venue pour une fête à laquelle on propose un répertoire funèbre ne comprend pas ce qu'elle célèbre.
Le 1er novembre : un programme de solennité
Puisqu'il s'agit d'une solennité, le programme se construit comme celui d'une grande fête. Entrée large et rassembleuse sur la communion des saints. Gloria festif, celui de vos solennités. Psaume et Alléluia soignés. Communion sur le thème du Royaume ou des Béatitudes. Envoi lumineux.
Une contrainte réelle à connaître : c'est un jour férié, souvent en période de vacances scolaires, et l'assemblée est nombreuse mais composite, avec beaucoup de personnes venues ensuite au cimetière. Comme pour Noël ou la messe de rentrée, appuyez-vous sur le connu plutôt que sur la nouveauté.
Le répertoire propre existe : les litanies des saints, dont la forme litanique s'adapte à toute durée, et les chants sur la Jérusalem céleste conviennent particulièrement.
Le 2 novembre : l'espérance sans le désespoir
Le piège de cette célébration est le pathos. Le registre juste est celui de la confiance : nous prions pour nos morts, dans la certitude de la résurrection.
Le In paradisum, qui accompagne traditionnellement le corps vers sa dernière demeure, trouve ici une place naturelle en fin de célébration. Un psaume d'espérance, le psaume 22 « Le Seigneur est mon berger » ou le psaume 129 « Des profondeurs je crie vers toi », porte bien ce moment.
Beaucoup de paroisses lisent les noms des défunts de l'année. Ce moment peut être long, et il demande un soutien musical à durée élastique : un refrain très court repris entre les groupes de noms, ou un simple bourdon d'orgue. Prévoyez cette souplesse, comme pour tous les rites de durée variable. Le répertoire est détaillé dans préparer la musique d'une célébration de funérailles.
La messe au cimetière
Fréquente le 1er ou le 2 novembre, et elle impose les mêmes contraintes qu'une procession en plein air : pas d'accompagnement fiable, pas de partition, aucune réverbération pour soutenir les voix, et un groupe dispersé entre les tombes.
La réponse est la même qu'aux Rameaux : un refrain de deux lignes maximum, su par cœur, dans un ambitus étroit, avec des chanteurs répartis dans l'assemblée plutôt que groupés. N'espérez pas y faire chanter autre chose.
Une charnière dans l'année du chœur
La Toussaint est le premier vrai test de l'année pour une chorale reconstituée à la rentrée. Deux mois de répétitions, une solennité à assurer, parfois deux célébrations en deux jours plus une messe au cimetière.
C'est aussi le signal qu'il faut désormais préparer l'Avent, qui commence quatre semaines plus tard, et derrière lui Noël dont les répétitions doivent démarrer mi-novembre. Autrement dit, ne consommez pas toute votre énergie sur la Toussaint : elle ouvre la période la plus chargée de l'année.
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