Toussaint et jour des défunts : chanter l'espérance

La Toussaint, le 1er novembre, et la commémoration des défunts, le 2, sont deux célébrations distinctes, et non une fête de deux jours. Le 1er est lumineux : la foule des saints, les Béatitudes, un répertoire joyeux et large. Le 2 est plus grave, mais habité d'espérance, car on prie pour nos morts dans la lumière de Pâques. Confondre les deux tons est l'erreur la plus courante.

Deux célébrations distinctes, pas une fête de deux jours

C'est la confusion la plus répandue, y compris chez les fidèles : beaucoup pensent que la Toussaint est la fête des morts. Elle ne l'est pas.

Le 1er novembre est une solennité joyeuse. On célèbre la foule immense des saints, connus et inconnus, et l'Évangile du jour est celui des Béatitudes. Le Gloria est chanté, l'orgue déployé, les ornements blancs. C'est une fête de la lumière et de l'espérance accomplie.

Le 2 novembre, commémoration de tous les fidèles défunts, est d'un autre registre : on prie pour nos morts. Plus grave, mais dans la lumière de Pâques, jamais désespéré.

Traiter le 1er novembre comme un jour de deuil est donc un contresens, et il s'entend immédiatement : une assemblée venue pour une fête à laquelle on propose un répertoire funèbre ne comprend pas ce qu'elle célèbre.

Le 1er novembre : le programme, chant par chant

Tout part des lectures, les mêmes chaque année : la foule immense « de toutes nations, tribus, peuples et langues » de l'Apocalypse (7, 2-4.9-14), le psaume 23, la première lettre de saint Jean (« nous le verrons tel qu'il est ») et les Béatitudes (Matthieu 5, 1-12a). Un bon programme de Toussaint ne cherche pas des « chants sur les saints » en général : il fait entendre ces quatre textes.

MomentChantPourquoi celui-làFiche
EntréeLes saints et les saintes de Dieu (Communauté de l'Emmanuel)Le refrain met en marche la foule de l'Apocalypse : les saints « s'avancent vers le Roi des cieux ». Chanté pendant la procession, il dit d'emblée qu'on fête des vivants, pas des morts.Voir la fiche
Entrée, varianteLitanie des saintsSi la procession est longue ou l'assemblée peu habituée. Chaque invocation se répond sans feuille, et la litanie s'arrête quand le célébrant arrive à l'autel.
GloriaCelui de vos solennitésC'est une solennité : sortez le Gloria festif que l'assemblée connaît, pas celui du temps ordinaire.
PsaumePsaume 23, « Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur »C'est le psaume du lectionnaire : ne le remplacez pas par un cantique. Refrain à l'assemblée, versets au chantre.
Préparation des donsHeureux, bienheureux qui écoute la Parole de DieuIl prolonge l'Évangile qu'on vient d'entendre sur la même formule, « heureux ». Le refrain s'attrape à la première écoute.Voir la fiche
CommunionChante Ô mon âme (Pierre-Arnaud Destremau, album Ephata, écouter)Le psaume 145 énumère ceux que Dieu relève : les opprimés, les affamés, les aveugles, les accablés, la veuve et l'orphelin. C'est la liste des Béatitudes vue du côté de Dieu. Deux lignes de refrain, reprises par l'assemblée pendant toute la procession.Voir la fiche
EnvoiÀ toi louange éternelle (Pierre-Arnaud Destremau, album Vivant, écouter)Écrit à partir du Te Deum, l'hymne qui fait défiler prophètes et martyrs. Ses strophes disent la Toussaint mot pour mot : « toi que proclament les prophètes », « toi dont témoignent les martyrs ».Voir la fiche

Composer la feuille de messe avec ces chants

Les deux derniers chants sont de Pierre-Arnaud Destremau, enregistrés par le chœur Cantiamo, et leurs partitions sont en accès libre sur Parfreetion (Chante Ô mon âme, À toi louange éternelle). Pour les autres titres, le lien mène à la partition officielle chez Chantons en Église.

Ce qu'il faut écarter le 1er : Dies irae, Pie Jesu, In paradisum et tout le répertoire des funérailles. Ces pièces sont justes, mais le 2 novembre. Gardez-les pour le lendemain.

Une contrainte réelle à connaître : c'est un jour férié, souvent en période de vacances scolaires, et l'assemblée est nombreuse mais composite, avec beaucoup de personnes venues ensuite au cimetière. Comme pour Noël ou la messe de rentrée, ne mettez qu'un seul chant nouveau dans le programme : ici, ce peut être le chant de communion, parce que son refrain se retient en une écoute.

Le 2 novembre : l'espérance sans le désespoir

Le piège de cette célébration est le pathos. Le registre juste est celui de la confiance : nous prions pour nos morts, dans la certitude de la résurrection. Pour la commémoration des défunts, le lectionnaire laisse au célébrant le choix entre plusieurs lectures : demandez lesquelles il retient avant de fixer le psaume.

MomentChantPourquoi celui-làFiche
EntréeSur le seuil de sa maisonL'image de la maison du Père, où « il y a de nombreuses demeures » (Jean 14), donne le ton juste : on n'enterre personne ce jour-là, on espère.Voir la fiche
PsaumePsaume 22, « Le Seigneur est mon berger », ou psaume 129, « Des profondeurs je crie vers toi »Selon la lecture retenue. Le 22 est plus apaisé, le 129 plus grave : choisissez selon l'assemblée attendue.
CommunionMon âme se repose (Taizé)Une formule courte reprise en boucle, qui dure exactement le temps de la procession sans qu'on ait à couper un couplet.Voir la fiche
Lecture des nomsGardien des âmes esseulées (Pierre-Arnaud Destremau, album Ephata, écouter)Une prière de deux minutes pour « tous les oubliés ». Assez courte pour être reprise entre deux groupes de noms, et elle n'oublie pas ceux dont personne ne lira le nom.Voir la fiche
Action de grâceRetrouve ta paix (Pierre-Arnaud Destremau, album Vivant, écouter)Le psaume 116 : « Les angoisses du séjour des morts m'avaient enserré [...] il a tendu son oreille et m'a sauvé. » Le refrain, « Retrouve ta paix ô mon âme, car le Père t'a fait du bien », se chante sans feuille au deuxième passage.Voir la fiche
Fin de célébrationIn paradisum (grégorien)Il accompagne traditionnellement le corps vers sa dernière demeure et trouve ici sa place naturelle. Domaine public : la partition circule librement.

Composer la feuille de messe avec ces chants

Avec un chœur solide et un moment long à habiller, le De profundis de Pierre-Arnaud Destremau (album Triduum) met le psaume 129 en latin pour le chœur seul. Comptez sept minutes : c'est une méditation, pas un chant d'assemblée. Si l'on a déjà chanté le psaume 129 comme psaume responsorial, il revient sans faire doublon, dans une autre langue et une autre fonction.

Beaucoup de paroisses lisent les noms des défunts de l'année. Ce moment peut être long, et il demande un soutien musical à durée élastique : un refrain très court repris entre les groupes de noms, ou un simple bourdon d'orgue. Le répertoire est détaillé dans préparer la musique d'une célébration de funérailles.

La messe au cimetière

Fréquente le 1er ou le 2 novembre, et elle impose les mêmes contraintes qu'une procession en plein air : pas d'accompagnement fiable, pas de partition, aucune réverbération pour soutenir les voix, et un groupe dispersé entre les tombes.

La réponse est la même qu'aux Rameaux : un refrain de deux lignes maximum, su par cœur, dans un ambitus étroit, avec des chanteurs répartis dans l'assemblée plutôt que groupés. N'espérez pas y faire chanter autre chose.

Une charnière dans l'année du chœur

La Toussaint est le premier vrai test de l'année pour une chorale reconstituée à la rentrée. Deux mois de répétitions, une solennité à assurer, parfois deux célébrations en deux jours plus une messe au cimetière.

C'est aussi le signal qu'il faut désormais préparer l'Avent, qui commence quatre semaines plus tard, et derrière lui Noël dont les répétitions doivent démarrer mi-novembre. Autrement dit, ne consommez pas toute votre énergie sur la Toussaint : elle ouvre la période la plus chargée de l'année.

Rappel : ne diffusez de partitions ou de paroles que pour des œuvres du domaine public, vos propres compositions, ou des œuvres dûment autorisées.

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Questions fréquentes

Quels chants pour la Toussaint ?

Un programme qui suit les lectures du jour : Les saints et les saintes de Dieu à l'entrée (la foule de l'Apocalypse), le psaume 23 « Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face », Heureux, bienheureux qui écoute la Parole de Dieu à la préparation des dons, Chante Ô mon âme (psaume 145, l'envers des Béatitudes) à la communion et À toi louange éternelle, tiré du Te Deum, à l'envoi.

Différence entre Toussaint et 2 novembre (commémoration des défunts) ?

La Toussaint (1er novembre) est la fête de tous les saints, anonymes inclus, c'est une solennité joyeuse avec Gloria et Alléluia. Le 2 novembre commémore les fidèles défunts : tonalité différente, plus grave, avec In paradisum, Dies irae (extrait), Pie Jesu.

Quels chants pour les funérailles si la Toussaint est proche ?

Aucun changement liturgique imposé. Mais c'est l'occasion de relier la mort à la communion des saints (Que les anges te conduisent) et à l'espérance pascale (Vivant, Resurrexit). Voir aussi l'article sur les chants de funérailles.

La Toussaint est-elle la fête des morts ?

Non, c'est la confusion la plus répandue. Le 1er novembre est une solennité joyeuse : on célèbre la foule des saints, l'Évangile est celui des Béatitudes, le Gloria est chanté, les ornements sont blancs. La commémoration des défunts est le 2 novembre. Traiter le 1er comme un jour de deuil est un contresens qui s'entend immédiatement.

Comment soutenir la lecture des noms des défunts ?

Avec un soutien à durée élastique, puisque ce moment peut être long : un refrain très court repris entre les groupes de noms, ou un simple bourdon d'orgue. Prévoyez cette souplesse comme pour tous les rites de durée variable.

Que chanter pour une messe au cimetière ?

Les mêmes contraintes qu'une procession en plein air s'appliquent : pas d'accompagnement fiable, pas de partition, aucune réverbération, un groupe dispersé entre les tombes. Un refrain de deux lignes maximum, su par cœur, ambitus étroit, avec des chanteurs répartis dans l'assemblée plutôt que groupés. N'espérez pas y faire chanter autre chose.

Quel psaume pour le 2 novembre ?

Un psaume d'espérance : le psaume 22 « Le Seigneur est mon berger » ou le psaume 129 « Des profondeurs je crie vers toi ». Le registre juste est celui de la confiance, pas du pathos : nous prions pour nos morts dans la certitude de la résurrection. L'In paradisum trouve une place naturelle en fin de célébration.

Chants liés à cet article

Les chants de l'album Vivant et Ephata les plus pertinents pour ce thème.

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