La SACEM, à quoi ça sert (pour un compositeur et pour une paroisse)

Dès qu'on écrit et qu'on diffuse de la musique, une question revient : la SACEM. À quoi sert-elle vraiment, faut-il y adhérer quand on compose des chants d'église, et qu'en est-il pendant la messe ? Voici comment je vois les choses, sources officielles à l'appui.

Ce que fait la SACEM

La SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) perçoit et répartit les droits d'auteur liés à la diffusion publique et à la reproduction des œuvres de ses membres : concerts, radio, télévision, plateformes de streaming, lieux qui diffusent de la musique.

Concrètement, quand une œuvre déposée est jouée ou diffusée publiquement, la SACEM collecte les droits correspondants et les reverse à l'auteur, au compositeur et à l'éditeur. Site officiel : sacem.fr.

Faut-il adhérer quand on écrit de la musique sacrée ?

Adhérer à la SACEM, c'est déposer ses œuvres et percevoir des droits sur leurs diffusions publiques : un concert, une émission, une écoute en streaming. Pour un compositeur dont la musique est enregistrée et distribuée (Spotify, Deezer, YouTube…), c'est le moyen normal d'être rémunéré pour ces usages.

À savoir : une fois que l'on adhère, toutes ses œuvres doivent être déposées à la SACEM. C'est donc un choix à peser en fonction de son activité réelle de diffusion, pas une case à cocher par défaut.

Et pendant la messe ?

C'est là qu'il faut distinguer deux choses. La reproduction écrite des chants liturgiques (imprimer les paroles ou la partition sur une feuille de messe, un carnet, un diaporama) ne relève pas de la SACEM mais du SECLI : j'y consacre l'article « SECLI : reproduire les paroles et partitions des chants ».

En revanche, diffuser un enregistrement (un CD, un fichier audio) au cours d'une cérémonie (un mariage, des obsèques) relève des droits gérés par la SACEM et doit en principe faire l'objet d'une autorisation. Certains diocèses et établissements religieux ont d'ailleurs négocié des accords spécifiques avec la SACEM qui couvrent les manifestations musicales se déroulant chez eux : le mieux est de se renseigner auprès de sa paroisse ou de son diocèse.

SACEM et SECLI, deux logiques complémentaires

On peut retenir une règle simple. Pour écrire les paroles d'un chant liturgique sur un support : SECLI. Pour diffuser publiquement une œuvre ou un enregistrement : SACEM. Les deux ne s'opposent pas, elles couvrent des usages différents, et un même chant peut relever de l'une pour sa reproduction et de l'autre pour sa diffusion.

Mon parti pris

Je crois qu'un compositeur d'aujourd'hui gagne à comprendre ces mécanismes plutôt qu'à les subir : ils existent pour que le travail d'écriture soit reconnu et rémunéré, et pour que les paroisses chantent en règle et en confiance. Bien crédités, bien déclarés, les chants circulent mieux, et c'est tout le but.

Une question sur les droits, l'édition ou le choix d'un chant ? Posez-la à l'assistant du site. Sources : sacem.fr · secli.cef.fr.
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